Presque trois ans se sont écoulés depuis la capture de l’ancien dirigeant de l’Irak, Saddam Hussein. À son procès, on pouvait facilement comparer Hussein à un enfant gâté qui se mettait à crier ou à bouder à chaque fois que quelque chose ne lui convenait pas. C’est à croire que le tyran déchu souhaitait transformer la Cour où il était jugé en véritable cirque, où les avocats et les juges se relayaient, incapables de lui imposer le silence ou la bonne conduite. Saddam Hussein peut d’ailleurs se féliciter, puisque son numéro aura contribué à faire reculer l’heure du verdict final et aura également permis aux médias de se mettre un peu de viande sous la dent.
Le verdict du Haut Parlement irakien est maintenant tombé. Hussein s’avère coupable de crimes contre l’humanité, qu’il a commis depuis son arrivée au pouvoir, en 1979. Les juges ont donc décidé qu’il doit être pendu. Quand ? On ne sait pas. En fait, ça risque de prendre encore plusieurs mois puisqu’on permet à l’accusé d’en appeler du verdict. Mais la question n’est pas là.
En fait, on doit se demander si, moralement, la pendaison est la meilleure alternative dans le cas de l’homme qui est notamment à l’origine de plusieurs massacres contre les Kurdes. Il n’est pas question de relancer le débat à savoir si la pendaison a toujours sa place dans le système judiciaire mondial du 21e siècle. Au contraire, on doit plutôt se projeter dans le futur et réfléchir à l’impact qu’aura une telle action.
L’effet de dissuasion recherché par le recours à la potence existe-t-il vraiment ? Le fait de pendre Hussein le propulsera-t-il au rang de héros national ? Dira-t-on de lui qu’il est mort pour l’Irak ? La guerre civile irakienne reprendra-t-elle de plus belle parce qu’on a tué le chef ?
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